Technique

 

Des portraits qui vous regardent

Une galerie d’ancêtres, des regards directs. Les personnages vous scrutent avant que vous ne les regardiez. Surgis du passé, ces portraits bienveillants vous interpellent par leur façon d’être figés dans une émotion.


Le support tapis

Peindre sur un tapis apporte de nombreuses contraintes, notamment le format, le poil, une trame très large et flottante. Mais c’est aussi un exercice qui devient un jeu en conservant cet aspect « textile ». Les tapis ont eu une vie, ils ont d’abord été crées par un premier artiste qui en a dessiné les contours, ont été tissés avec des codes et des motifs ancestraux, ont voyagé, ont été foulés, ont partagé le quotidien de leurs propriétaires.

Ce sont un peu eux les maîtres de la création. Leurs motifs, parfois symboliques, leur matière (coton, laine, soie), leur provenance vont générer une inspiration chez l’artiste.

Garder l’esprit du tapis, lui proposer un personnage et sublimer ce qu’il avait de plus beau dans une mise en valeur détournée et colorée. Un peu comme le principe du tableau dans le tableau, un clin d’œil à sa première vie.

La technique

Les tapis sont peints à l’acrylique sur leur envers.
Le cadre naturel du tapis et ses motifs sont détournés ou conservés, le dessin les utilise ou s’en inspire.
L’artiste laisse toujours une zone non peinte, brute, à vous de la découvrir.

Transparences et velouté

Dans le respect de l’objet d’origine, l’artiste mêle sa création et sa technique. Le rendu parfois surprend, interroge. L’acrylique offre au regard un jeu de transparence, ou celui d’une densité absolue. Le résultat est déroutant. C’est une œuvre qui se touche, se caresse, pas une toile classique que seuls les yeux peuvent apprécier.


L’histoire

«  J’étais dans une période douloureuse de ma vie, le virage des 40 ans, une séparation et un bouleversement professionnel. Mon énergie se concentrait à rebâtir une vie entière. Cela est passé aussi par des changements dans la maison J’ai peint d’abord mon piano puis armoire, secrétaire et lampes, les objets de toute la maison y passaient, jusqu’à un premier tapis.

Ma démarche est alors devenue artistique. C’était mes premiers traits, mon premier dessin, le début de ma grande Aventure. De spectatrice, je suis devenue actrice de la peinture.

Grâce aux accidents de vie, la peinture est devenue mon activité. Mon expression, une nécessité, le centre de mon existence. De la première exposition, à la première vente, au travail quotidien, mes pinceaux me donnent l’équilibre et les couleurs qui manquaient à ma vie. »

                                                                                                                                          Gaëlle Germain